Agenda : Cycle de conférences octobre 2021 à mars 2022 – Les Étrangers dans la Résistance : Le cas des Portugais.

Les Étrangers dans la Résistance – le cas des Portugais

Cristina Climaco, Marie-Christine Volovitch-Tavares, Victor Pereira avec la contribution de Laurent Douzou, université Lumière Lyon-II, IEP Lyon

  • - Angoulême ven. 8/10/21, 14 h espace Franquin – 1, bd Berthelot
    - Bordeaux mar. 9/11/21, 14 h archives 33 – 74, crs B.-Stuttenberg
    - Poitiers jeu. 2/12/21, 14 h espace P.-M.-France – pl. de la Cathédrale
    - Limoges jeu. 9/12/21, 17 h fac. de Droit a 400B – 5, rue F.-Éboué
    - Bayonne jeudi 20 janvier 2022
    - Hendaye vendredi 11 février 2022
    - Pau vendredi 11 mars 2022
    - Oloron-Sainte-Marie vendredi 18 mars 2022

Les conférenciers :
- Marie-Christine Volovitch Tavares, historienne, vice-présidente du CERMI (Centre d’Études et de Recherches, Migrations Ibériques), Paris.
- Christina Climaco, maître de conférence, et chercheur, Université Paris 8. -
- Victor Pereira, maître de conférence à l’université de Pau et Pays de l’Adour, docteur en histoire contemporaine, Paris.

 

Des Français et des étrangers profondément attachés au respect des droits de l’homme et à l’amour de la France vont être submergés par la catastrophe de la défaite militaire de 1940 et vont s’engager et s’opposer à l’occupation de la France, par l’Allemagne nazie, et au régime de Vichy. Au nom des valeurs à défendre la Résistance en France, dès le début, avait une forte dimension transnationale du fait de l’engagement des étrangers dans les différents mouvements de résistance, notamment des Espagnols, des Polonais, des Portugais, des Italiens…

Ils ont apporté à la Résistance une grande expérience acquise de longue date dans la lutte contre le fascisme en Italie 1923, au Portugal 1927, en Espagne 1930… Et surtout l’expérience acquise dans les combats durant la guerre d’Espagne, en 1936-1939, au service de la République. Après la fin de la guerre, en 1945-1950, le rôle des étrangers, leur sang versé et leur engagement dans la Résistance, a été volontairement minimisé, voir ignoré. Concernant le cas des Portugais, il a été totalement occulté en France, mais surtout au Portugal par la dictature de Salazar.

En France, les enjeux de pouvoir pour faire exister la France sur la scène internationale, ainsi que les conflits entre gaullistes et communistes, ont contribué à la marginalisation du rôle et de la place des étrangers dans la Résistance, notamment, espagnols, polonais, portugais, arméniens, italiens, allemands… Il nous paraît important au moment du 80e anniversaire de l’organisation de la Résistance, de faire connaître et de reconnaître l’engagement de ces étrangers dans la Résistance et dans la libération du pays. Dans cette démarche, nous allons porter une attention particulière aux 500 résistants et combattants portugais, qui ont été complètement oubliés.

2022 sera l’année France-Portugal – Portugal-France, occasion choisie par le comité Sousa Mendes et la délégation de la ligue des Combattants et résistants portugais, avec l’aide des pouvoirs publics, des collectivités territoriales et des associations, pour engager certaines actions afin de mettre en lumière la mémoire de ces résistants laissés dans l’ombre. Il est notre devoir de tout faire, pour que l’engagement de ces combattants de la Liberté soit reconnu en France et au Portugal.

En 1939-1940, au début de la Seconde Guerre mondiale, résidaient en France 28 000 Portugais, en majorité des travailleurs immigrés, mais également des exilés politiques, quelques milliers d’anciens soldats membres du Corps Expéditionnaire Portugais engagés dans les Flandres et sur le front de l’Est durant la Grande Guerre et qui ont décidé de rester en France en 1918, 1919. Il faut également rajouter à ce nombre, les 2 400 à 2 600 combattants et travailleurs portugais, exilés en France à la suite de la « Retirada » d’Espagne, fin 1938 début 1939. Ces Portugais qui se sont engagés volontairement en Espagne pour défendre la République contre le coup d’état des forces fascistes insurgées. En 1939 beaucoup de ces combattants portugais se sont réfugiés en France, où ils ont été internés dans des camps avec leurs frères d’arme espagnols, une part d’entre eux allant par la suite s’engager dans la Résistance en France en rejoignant le maquis. Des travaux de recherche conduits en France, en Allemagne et au Portugal révèlent que plus d’une centaine de Portugais ont été déportées dans des camps nazis.

Le cycle de huit conférences initiées fin 2021 et début 2022 devront mettre en lumière l’engagement de ces combattants et résistants. Ces conférences seront suivies de la réalisation d’une exposition sur la Résistance en France, le rôle des étrangers et le cas des Portugais.

En 2022-2023, le Comité organisera plusieurs interventions dans les collèges, lycées et universités, avec l’accord du Rectorat, du conseil régional et du conseil départemental, afin de faire vivre et partager l’apport de ces étrangers, artisans de la paix, à la Résistance, qui ont vécu et souvent succombé à la barbarie nazie. Des hommes, des femmes, français et étrangers, animés par l’esprit et le souffle de liberté, la défense des droits de l’homme et des valeurs fraternelles, se sont levés, engagés, ont combattus, résistés, les armes à la main, pour défendre la France et les valeurs suprêmes de l’humanité, face à Berlin et à Vichy.

À tous ces combattants et résistants restés dans l’ombre, nous devons respect et reconnaissance pour leur engagements au service de la Liberté.

Manuel Dias Vaz vice-président délégué du comité Sousa Mendes et de la délégation néo-aquitaine de la ligue des Combattants et Résistants portugais

Cristina Climaco est maître de conférences, à l’université de Paris 8 – Vincennes Saint-Denis, chercheur au laboratoire d’études romanes de l’université de Paris 8 – Vincennes Saint-Denis, chercheur associé du CEIS20 université de Coimbra et à IHC/FCSH de l’université nouvelle de Lisbonne.
Ses travaux portent sur l’exil dans l’entre-guerres et l’histoire de l’opposition à la dictature militaire et à l’Estado Novo. S’intéresse également à l’histoire de la Guerre Péninsulaire, en particulier à l’invasion de 1810-1811. Reçoit, en 1999, le 1er prix d’Histoire contemporaine de la Fondation Mário Soares.
Parmi ses publications se détachent Republicanos, anarquistas e comunistas no exílio, 1927-1936, Lisboa, Colibri, 2017, et As linhas de Torres Vedras. Invasão e Resistência (1810-1811), Lisboa, Colibri, 2010.

Marie-Christine Volovitch-Tavares est vice-présidente du CERMI (centre d’études et de recherches sur les migrations ibériques). Ancienne élève de l’ENS Fontenay, agrégée d’histoire, elle a vécu à Lisbonne pour son doctorat sur « Le catholicisme social au Portugal, 1891-1910 », (Paris III, dir. Frédéric Mauro).
Depuis 1993 elle se consacre à l’histoire des Portugais en France au xxe siècle, avec des travaux pionniers en histoire sur cette immigration, d’abord sous l’égide de Pierre Milza au CHEVS (Centre d’histoire du xxe s., Science Po-Paris), avec l’ouvrage Portugais à Champigny, le temps des baraques, 1995.
De 2002 à 2007, elle fut membre du comité d’histoire de la mission de préfiguration du musée national de l’histoire de l’immigration et co-rédactrice des textes de la première exposition permanente. Ses recherches couvrent des approches diverses de l’immigration des Portugais, dans les années 1960 (travailleurs et exilés) et des recherches ponctuelles sur la 1re partie du xxe s., dont la Grande Guerre).
Elle a participé à de nombreux colloques et rédigé plusieurs articles dans des revues en lien avec l’histoire de l’immigration en France telles Hommes et Migrations (revue attachée au musée national de l’histoire de l’immigration), dans Migrance (revue de l’association Génériques) et dans Exils et Migrations ibériques (revue du CERMI). Soucieuse de faire connaître plus largement cette histoire, elle a participé à des actions pédagogiques et des collaborations avec des associations portugaises proposant une réflexion, telles « Interaction France-Portugal », « Latitudes », et le « comité Sousa Mendes ».
Elle a publié une synthèse grand public en 2016, 100 ans d’histoire des Portugais en France.

Victor Pereira, est docteur en histoire contemporaine à l’Institut d’études politiques de Paris, il est maître de conférences à l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Ses travaux portent notamment sur les migrations portugaises, sur les gestions étatiques des mobilités et sur la dictature salazariste.
Il est l’auteur de plusieurs dizaines d’articles publiés dans des revues scientifiques (Journal of Modern European History, Annales de Démographie Historique, Lusotopie, Análise social, etc.), des revues spécialisées (Hommes & Migrations, Plein droit, Migrance, etc.) et des ouvrages collectifs (Faire musée d’une histoire commune. Rapport de préfiguration de la nouvelle exposition permanente du Musée national de l’histoire de l’immigration, dirigé par Romain Bertrand et Patrick Boucheron, en 2019 ; A Century of Transnationalism: Immigrants and their Homeland Connections, dirigé par Nancy Green et Roger Waldinger, en 2016, etc.).
Il a notamment dirigé, avec Nuno Domingos, l’ouvrage O Estado Novo em questão (Edições 70) et publié aux Presses de Sciences Po un livre issu de sa thèse de doctorat : La dictature de Salazar face à l’émigration. L’État portugais et ses migrants en France (1957-1974) (traduction en portugais en 2014).
Il a participé à plusieurs programmes de recherche et a été membre du comité scientifique de la refonte de la galerie permanente du musée national de l’Histoire de l’immigration, Paris (2017-2018).

  • Laurent Douzou est professeur émérite d’histoire à l’université Lumière Lyon-II et à l’IEP Lyon. Il est spécialiste de l’histoire et
    de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance intérieure française.

Infos : comite@sousamendes.org – FB Comité Sousa Mendes

 

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Agenda : 9 février 2022 – Les lundis de l’INA Carte blanche au magazine « The funambulist » dans le cadre de l’exposition Sarah Maldoror 

Au sein de l’exposition Sarah Maldoror : cinéma tricontinental, Les Lundis de l’INA ont proposé à l’équipe du magazine The Funambulist, « magazine dédié aux politiques de l’espace et des corps » de revisiter les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, soit de la radio et télévision françaises.

« Les oeuvres cinématographiques de Sarah Maldoror nous ancrent dans les textures d’un temps et d’une géographie particulière de luttes profondément liées les unes aux autres. Nous avons revisité les archives au gré des questionnements, intérêts et situations qui sont les nôtres ici et maintenant : des lignes de front de la guerre d’indépendance angolaise
à la poésie de la négritude d’Aimé Césaire, de la Guadeloupe paternelle de Maldoror, ses mouvements sociaux infatigables et sa Première conférence des dernières colonies françaises, au mouvement inarrêtable de libération kanak, des bidonvilles de Paris où les déserteurs portugais vivaient, aux points de rencontre internationalistes des dirigeants comme Amilcar Cabral, Marcelino dos Santos et Agostinho Neto. »

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